Randonnée trike/ kitesurf de Laurent et Maguelone (Episode 3)
Les étapes précédentes ici.Randonnée trike/ kitesurf de Laurent et Maguelone sur la côte Atlantique (Episode 3)
Nous en sommes maintenant au 4 eme jour avec déjà 220 km parcourus et toujours pas de navigation en kitesurf.
La piste cyclable Vélocéan que nous suivons depuis Bourgneuf en Retz passe au travers de l'Auberge de La Fontaine Breton. Le Conseil Général a privilégié en créant son réseau cyclable une forte insertion afin de ne pas isoler les cyclistes de la vie locale. Défaut que l'on a pu effectivement constater sur les pistes landaises qui-elles- ont fâcheusement tendance à vous maintenir isolé des habitants et de la vie locale et rurale.




Nos batteries vont finir par nous lâcher à nouveau, il est l'heure de trouver une borne de ravitaillement. Et d'en profiter pour nous alimenter également. Les recharges se suivent et ne se ressemblent pas. Cette fois ce sera au tour du très sympathique club de voile "Société des Régates de La Bernerie" d'être sollicitée. Les membres du club nous ont reçu avec beaucoup de gentillesse comme vous pouvez le voir sur la photo. Ils sont carrément allés chercher une rallonge pour nous faciliter la tâche. Nous n'en demandions pas tant. Encore merci à eux. Notre déjeuner/recharge/ravito a été rendu ainsi fort agréable.

La randonnée précédente a laissé des souvenirs d'étapes pénibles face au vent sur des chemins en stabilisé emprunts de véritable souffrance. Comme quoi tracter une remorque sur une piste de sable face au vent avec une planche sur le toit nécessite une puissance nettement plus importante qu'un pédalage sur route en vélo sans sacoches.



Le paysage crépusculaire s'enveloppe d'une palette de lumières variées. Les baraques de pêche au carrelet se suivent mais ne se ressemblent pas, ceux-ci sont plantés à même la roche et sont isolés du continent en marée haute.

Et voila notre campement. Nous avons eu du mal à trouver un endroit discret et confortable mais c'est encore la persévérance de Mag qui a été récompensée. Au détour d'une falaise se cachait cette petite plage. Nous serons bien lotis pour cette nuit. Enfin pas totalement, vu que le bruit de la marée haute a révéillé la douce plusieurs fois au cours de la nuit.
Laurent au réveil: "Marée haute ? Non, vraiment, je n'ai rien entendu. Rien du tout."
Le regard ébahi de ma compagne devant ma capacité à rester endormi alors que les flots venaient quasiment lêcher la tente en disait long sur la nuit qu'elle avait passé.
Laurent au réveil: "Marée haute ? Non, vraiment, je n'ai rien entendu. Rien du tout."
Le regard ébahi de ma compagne devant ma capacité à rester endormi alors que les flots venaient quasiment lêcher la tente en disait long sur la nuit qu'elle avait passé.

Lever du soleil, on peut deviner les algues déposées par la marée haute à peine 30 m sous la tente. Un panorama océanique baigné d'une lumière océanique: rien de tel pour vous mettre de bonne humeur. Un thé sur la plage et nous partons consolider le petit-déjeuner dans le village voisin de St Michel Chef Chef. Pour l'origine de ce nom étrange voir ici.

Un petit mais sympathique marché d'été à l'abri des pins occupe le rond-point fermé à la circulation. Nous nous glissons entre les barrières d'interdiction de circulation et repérons un petit snack géré par des personnes bien souriantes qui nous accordent l'électricité.

Et surprise, la carte propose des tartines beurre confiture que nous allons engloutir avec beaucoup de plaisir. Et en nombre. Y a pas à dire, la rareté des mets fins en randonnée rehausse les plaisirs et la volupté.


Ce matin, le vent trop léger ne permettra qu'au foil de naviguer. Ce sera une belle une navigation jusqu'à l'embouchure de la Loire et l'occasion au retour de revoir des kitesurfers sympas rencontrés le jour précédant sur la plage. L'un d'entre eux suivra par hasard notre chemin les deux jours suivants. Nous nous croiserons sur les spots (sites de pratiques) de kitesurf à Pont-Mahé puis sur la plage d'Erdeven à Kerhilio. Lui en auto, nous en vélo.


Finalement les batteries des tricycles sont rechargées et les notres aussi. Aujourd'hui ce sera un repas asiatique acheté au marché et pris sur la plage en attendant le vent. Le vent ne se levant pas suffisamment pour Mag, nous partons vers 11h histoire d'avancer vers le prochain spot dont on n'a entendu parler: Pont Mahé. Certains nous annoncent un site de pratique fabuleux. D'autres évoquent un site surpeuplé. Nous décidons d'aller nous forger notre propre opinion.

Bon, voila l'entrée du Pont de Nazaire que Mag craint un peu. Ca commence fort, un bouchon est annoncé. Pourvu que nous ne soyons pas concernés et gênés pour la traversée...

Il s'avère que seules les voitures ralentissent, pour nous ça passe avec fluidité. En dépassant les voitures par la bande cyclable. Etroite bande mais ça passera bien. L'assistance nous permettra de raccourcir la durée de traversée. Sans elle, l'ascension se serait faite à moins de 10 km/h alors que nous avons doublé la vitesse moyenne pour monter aux environs de 18 km/h. Ce qui rend franchement plus supportable ce sentiment d'écrasement dû à l'étroitesse de la bande. Nous avons entendu plus tard que le Conseil Général projetait de séparer les vélos physiquement par un muret ou une barrière. Ce serait quand même une bonne chose car je vois mal comment une famille avec ses rejetons oserait se lancer dans cette traversée en toute sécurité. Or il n'y a aucun autre franchissement possible par la côte sauf à rentrer 30 km dans les terres.

Vous pouvez constater que la bande cyclable est pour le moins ... minimaliste. Heureusement les véhicules sont limités à 70 km/h et notre assistance nous permettra d'expédier rapidement ce moment délicat.



"Euh, tu as ma clé de 32 ? Non, je veux dire de 320 ? Je dois resserrer cette pièce un peu détendue".
Si si, ce gros cylindre est bien prévu pour tourner. Mais avec quelle longueur délirante de levier procède-t-on pour donner un tour de vis sur un diamètre pareil ?
Si si, ce gros cylindre est bien prévu pour tourner. Mais avec quelle longueur délirante de levier procède-t-on pour donner un tour de vis sur un diamètre pareil ?

Ca y est nous l'avons franchie la Loire et son Pont de Saint Nazaire. il faut quand même savoir que: "ce pont est la difficulté non naturelle majeure existante dans des courses cyclistes. Ainsi, elle constitue la seule côte dont l'origine n'est pas naturelle a être répertoriée lorsqu'elle est franchie (en 4ème catégorie) sur la route du Tour de France". source Wikipédia.

Bon et là, je passe comment moi sur cet aménagement plutôt mal pensé pour les vélos un peu atypiques? Comment font les cyclistes qui tractent une remorque d'enfant ou qui font leurs courses avec une remorque ? Par la route voisine pardi. Comme quoi les aménageurs de pistes cyclables ont parfois l'esprit un peu étroit...
La traversée de Saint-Nazaire est étrange. Les avenues sont très larges. Trop larges pour nos repères habituels. Largeur qui est probablement à l'origine de ce sentiment d'étouffement. Les stores des vitrines sont tous descendus à 19h. Un sentiment fantomatique d'abandon se dégage de cet aménagement urbain.
Nous apprendrons plus tard que St Nazaire a été rasée à 80 % lors de la seconde guerre mondiale car elle abritait les sous-marins U-boat allemands. Les alliés n'y sont pas allés de main morte et évidemment nos chers sauveurs américains ont laissé la trace de leurs pattes dans l'urbanisme qui a remplacé l'ancien qui nous était plus familier. On peut aussi se demander si ces larges avenues n'ont pas aussi été conçues dans le même dessein que les boulevards Haussmanniens. Empêcher que la classe ouvrière ne monte des barricades. Car la classe ouvrière locale a une propension à se rebiffer régulièrement et rentrer dans des conflits durs qui dérangent le pouvoir en place.
A la sortie de St Nazaire nous conservons le trajet de la piste Vélocéan qui parfois nous laisse pantois devant l'absence de fléchage ou l'ambiguïté des panneaux indicateurs. Nous dépassons un couple de cyclistes équipés chacun d'une remorque d'enfant chargée chacune comme un âne mort. Elle, roule même avec une guitare sur le dos. Ils sont curieusement tous les deux édentés. On essaie d'imaginer qui sont ces inhabituels randonneurs sans réussir à déterminer s'ils randonnent ou habitent sur leur vélo à l'année. Je penche pour la seconde hypoythèse.
La traversée de Saint-Nazaire est étrange. Les avenues sont très larges. Trop larges pour nos repères habituels. Largeur qui est probablement à l'origine de ce sentiment d'étouffement. Les stores des vitrines sont tous descendus à 19h. Un sentiment fantomatique d'abandon se dégage de cet aménagement urbain.
Nous apprendrons plus tard que St Nazaire a été rasée à 80 % lors de la seconde guerre mondiale car elle abritait les sous-marins U-boat allemands. Les alliés n'y sont pas allés de main morte et évidemment nos chers sauveurs américains ont laissé la trace de leurs pattes dans l'urbanisme qui a remplacé l'ancien qui nous était plus familier. On peut aussi se demander si ces larges avenues n'ont pas aussi été conçues dans le même dessein que les boulevards Haussmanniens. Empêcher que la classe ouvrière ne monte des barricades. Car la classe ouvrière locale a une propension à se rebiffer régulièrement et rentrer dans des conflits durs qui dérangent le pouvoir en place.
A la sortie de St Nazaire nous conservons le trajet de la piste Vélocéan qui parfois nous laisse pantois devant l'absence de fléchage ou l'ambiguïté des panneaux indicateurs. Nous dépassons un couple de cyclistes équipés chacun d'une remorque d'enfant chargée chacune comme un âne mort. Elle, roule même avec une guitare sur le dos. Ils sont curieusement tous les deux édentés. On essaie d'imaginer qui sont ces inhabituels randonneurs sans réussir à déterminer s'ils randonnent ou habitent sur leur vélo à l'année. Je penche pour la seconde hypoythèse.

Ce soir, ce sera ce petit coin de champ qui nous accueillera pour la nuit avant d'arriver à Pornic. Nous avons failli nous faire attraper par la nuit, le pire qui puisse arriver à des cyclotouristes car trouver un emplacement la nuit pour s'arrêter n'est pas facile du tout. On n'y voit goutte aux alentours et on risque de s'installer soit trop près d'habitations soit dans un endroit gênant pour le propriétaire du lieu. Mieux vaut toujours commencer ses recherches 45 mn avant la tombée de la nuit en milieu rural voire encore plus tôt si la zone est très urbanisée. Dans ce cas les sites potentiels pour vous accueillir sont encore plus rares.

Le porte-bagage Old Mountain Sherpa peut aussi servir de table de cuisine, mais il faut être très attentif pour ne pas s'exposer à un accident domestique. Domestique ne serait pas le terme approprié en l'occurrence car nous sommes dans un pré :) Ce soir-là, nous allongerons la sauce pour finir le poulet au soja restant du déjeuner du jour. Ce sera ,slurp, délicieux. Avec un melon bien sucré pour finir les réjouissances.


Et pendant que le repas cuisait, le soleil déclinait lentement en déposant des couches horizontales de bleu, d'orange et d'une pléthore de nuances plus subtiles les unes que les autres. Clic, clac, photo.

Réveil en meilleure forme cette fois-ci. Pas de vagues qui viennent lécher la plage en plein sommeil pour réveiller la douce endormie. Un silence de bonne consistance nous permet de passer une nuit de bonne et saine récupération.
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