ON AVANCE organise les 31/10 et 1/11/09 son premier week-end de Trike. Voici le récit de la balade du samedi orientée chemins et tout terrain.

Week-end de randonnée Trike ON AVANCE (1) Week-end de randonnée Trike ON AVANCE (1)

ON AVANCE organise les 31/10 et 1/11/09 son premier week-end de Trike. Voici le récit de la balade du samedi orientée chemins et tout terrain.

Alors comment s'est passé ce premier week-end de trike On Avance à Montpellier ? Vous qui n'avez pas pu venir, c'est peut-être la question que vous vous posez.
Les prochaines dates seront posées plus tôt pour que vous ayez le temps de vous organiser !

Charlotte et son père Christophe le boss de Chris'Cycle sont arrivés vendredi dans la journée. J'ai seulement réussi à me libérer du magasin à 15h30 pour manger.
Motivés par une petite balade mais disposant de peu de temps restant avant la tombée de la nuit, nous sommes allés nous régaler dans le bois de Montmaur (en face du Zoo), le fief des joggeurs de Montpellier. Evidemment cet endroit est interdit aux vélos vous pouviez vous en douter. Mais sommes nous des vélos :) ? Et puis de temps à temps il faut savoir transgresser un peu les règles non ?
Autant vous dire que certains coureurs arboraient des expressions ahuries en nous croisant ou détour d'un virage. Les tricycles situés aussi bas et ne générant aucun bruit, il est vrai qu'on ne nous voie pas et ne nous entend pas arriver. La prudence est donc de mise pour ne pas gêner les coureurs.
Christophe a descendu ses premiers escaliers et fait ses premiers tours de roue en trike "trial". Rappelons la règle du Trial, ne pas poser son pied à terre. La technique prime sur la brutalité mais de la puissance est aussi nécessaire quand ça grimpe sec ou pour franchir les marches dans le sens de la montée.
Et en trike, au fait, on peut poser la main oui ou non ? Moi je répondrais que oui mais les gants sont obligatoires sinon coupures garanties... et en passant, le casque n'est pas du luxe pour ce type de pratique.

Cette petite balade a permis de confronter le Dash modifié en roues de 3 x 20 " et en SRAM Dual Drive à des situations coriaces. Il s'avère un redoutable grimpeur avec son pneu Jumping-Jack sous gonflé à l'arrière. Sa garde au sol de 105 mm est largement suffisante. Il reste bien équilibré malgré la remontée du centre de gravité de 35 mm. La protection de cadre permet de glisser sur le tube principal du cadre sans l'abîmer quand de temps en temps l'obstacle est trop haut.
Retour par la ville où Charlotte découvre les joies du jeu "à 3 bandes" pour ne pas se faire coincer dans les files d'autos bloquées au feu. Pas mal de calcul et un peu de géométrie et le tour est joué. Je réalise que mes milliers de km parcourus en ville sur mon Catrike m'ont apporté une bonne dose d'"expertise" qui me permet de rouler en toute sécurité et sans me faire jamais coincer nulle part.

Vendredi soir, notre trio refait le monde devant un joli feu de cheminée préparé par mes cohabitants. Un plat de pâtes pour l'énergie du lendemain agrémenté de légumes bio de mon Amap, une petite tisane et Charlotte est déjà partie dans les bras de Morphée.

Samedi matin, réveil aux trompettes, Christophe-qui-se-lève-avec-les-poules a les pieds dans les starters, euh, non dans les cale-pieds plutôt... On a rendez-vous à 9h devant le mag. Encore une défection de dernière minute. Décidément !
Mais Willy, lui nous attend d'arrache pied, campé devant son Catrike Expédition. Le fameux modèle "prototype" que nous avons équipé en moyeu dynamo dans le moyeu arrière.

On arrive avec 5 mn de retard. Une fois les présentations faites, l'heure de battement se révèle bien utile pour les préparatifs et bricolages de dernière minute. Willy acquière et monte ses magnifiques sacoches de cadre Arkel qu'il pourra tester le jour même dans les pires conditions (il ne sait pas encore à quelle sauce il va être mangé :)

Nous partons à l'heure' à 10 h c'est parti, On Avance ... vers le Nord.
On se faufile dans les rues du quartier des Beaux Arts, un avant-goût de ce qui nous attend, une rue est en travaux, nous roulons donc en pleine ville sur une piste défoncée! 
Nous repassons une seconde fois par le goulot d'étranglement dont la fonction est peut-être d'entraîner les trikers à intégrer leur largeur pour les passages à venir dans la journée ? Les 5 km suivants de macadam nous permettent d'échauffer nos jambes avant de rentrer sur la piste de terre. Nous nous arrêtons pour nous alléger d'une couche d'habits en trop.
La météo est finalement clémente et les nuages épars laissent percer par intermittence le soleil. C'est une très agréable journée, juste la température idéale pour nos "nordistes" dont le sourire s'épanouit au fur et à mesure que le soleil s'affirme.
Charlotte rumine un peu car la montée est trop pénible pour elle. Son Catrike Road chaussé de pneus trop fins adaptés surtout pour la route (35 mm) combiné au manque de cales-automatiques lui compliquent la vie sur ce sol où la roue arrière dérape ou arrache les gravillons.
"Ah mon cher papa, c'est bientôt la Noel pour mes chaussures à cales auto ": doit-elle penser dans ces moments de dur effort. Mais Charlotte ne renâcle pas à l'effort, pas plus que Willy et Christophe d'ailleurs. Et nous arrivons assez vite sur la crête annoncée plate mais qui ressemble plus à une montagne russe. Ca monte et ça redescend sans cesse. Timides au début, nos tricyclistes tout terrain prennent de plus en plus d'assurance sur leurs engins.
Et surtout, ils prennent confiance dans la solidité et la fiabilité de leurs trikes. Il faut dire que ce qu'ils me voient faire avec mon Dash les "esplante*" visiblement comme on dit par chez nous.
Et soudain, apparaît à l'horizon le Pic St Loup, notre repère géographique et cycliste local. Le soleil un peu discret dans la matinée daigne carrément se dévoiler et ce superbe paysage méditerranéen révèle soudain toute sa beauté sous cet éclairage automnal. Probablement l'effet du soleil sur nos neurones endormis via les hormones via la vitamine f ?
Au détour d'un virage, j'aperçois une descente mono-trace qu'il me semble avoir déjà pris il y a quelques années en tricycle couché.
"On y va? Ca vous dit d'essayer par là ?"
"- Oui, OK"
Tout le monde semble d'accord, alors on se laisse glisser en prenant garde de descendre lentement pour garder la maîtrise de sa trajectoire. Une roue qui glisse sur la droite et vous êtes au tapis garanti.
On n'est pas haut mais quand même on évite de se racler les mains (qui n'a pas mis de gants ? regardez les photos ...) et qui a oublié de prévenir par mail de ramener des gants ? (euh... oups je crois bien que c'est mapomme)

La sortie du chemin recèle un passage très délicat. Ca devient carrément technique. Bien trialisant.
Première tentative, je fini au tapis (pas de photo de la gaufre, j'étais devant les autres eh eh :). Willy passe comme une fleur.
"De Dieu !!! Je vais pas me laisser impressionner par un débutant!"
J'y retourne et ça passe.
Christophe bascule une première fois mais quelques explications techniques le motivent, il persiste et passe.
Charlotte passe aussi. Quelle tranche de rigolade. Z'auriez dû être la.

Bon c'est pas tout, mais il commence à faire faim, il est déjà midi. Un loupé dans le choix d'une bifurcation nous fait quitter la crête que nous retrouvons après avoir longé les mystérieux dômes un peu surréalistes du centre de recherche écologique du Baillarguet.
Nous retrouvons la crête par une petite route tranquille et nous amusons sur une bosse de terre habituellement terrain de jeu des VTT et autres Scooters et moto locales.
Je décolle les roues du Dash mais les photographes ne réussissant pas à capturer le saut, il me faut y retourner 4 fois pour finalement finir par me poser sur une roue avant. Frayeur assurée ... Il est temps d'aller manger non ?
Nous sommes fin octobre tout de même, la température à l'ombre est de 16° environ, nous nous installons donc au soleil et à l'abri des courants d'air sur un tapis de feuilles de pins.
Aaah !! l'un des meilleurs moments des balades à vélo. Le repas bucolique en plein air après -et avant car ça va continuer- l'effort ! Notre salade de riz est délicieuse, Willy déguste un pâté bio réalisé par les personnes qui l'hébergent actuellement. Les repas sont toujours un moment d'échange intéressant qui nous permettent de nous découvrir.
Willy est en pleine reconversion professionnelle. De prof d'arts plastiques et spécialiste des jardins, il bascule vers les brebis et la démarche bio. Christophe quand a lui, a quitté l'usine de sous-traitance auto-mobile pour monter son affaire de location de trikes dans sa région d'adoption. La Puisaye dans l'Yonne. Si vous n'avez jamais été chez lui, contactez-le et amenez vos amis car sa région est exceptionnelle et son affaire mérite de se développer car sa démarche est aussi courageuse que radicale et ancrée dans une forte éthique.
Nous repartons par des chemins agricoles bitumés mais peu usités qui nous permettent comme dit Charlotte de "rouler à trois de front". Le trike est vraiment un engin convivial. On peut aider facilement le plus lent en le poussant sans risquer de tomber. On peu oublier la bordure de la route sans risquer de déraper et se "ramasser". Vraiment cool le trike, mais vous le aviez déjà non ?
Nous passons devant le château d'Assas et hop juste le temps d'une photo nous chevauchons nos montures et repartons par l'une de mes descentes favorites.
La route qui relie St Jean-de-Barbeyrargues à Prades-le-Lez. 2 km parfaitement lisses avec des courbes nécessitant de se pencher à l'intérieur du virage. Le compteur (un peu optimiste) de Willy annonce plus de 60 km/h. Nous pensons tous à la fameuse chute abordée sur le forum. Willy vient justement d'acquérir un casque, évidemment les deux événements sont liés :)

Quelques km de bitumes et nous rentrons par une succession discontinue de pistes cyclables sur Montpellier. Christophe me fait remarquer que même Auxerre développe son réseau cyclable. Nous avons beaucoup discuté sur nos trikes pendant cette balade et sommes tous convaincus que nous assistons seulement au début du développement du trike. Nous concluons que les freins actuels à la pratique du tricycle couché sont majoritairement subjectifs. Nous déduisons de nos échanges qu'en ce qui concerne la randonnée à vélo, nombreux seront les cyclistes qui vont se convertir bientôt.
Et les capacités de franchissement du trike dont nous venons de faire la preuve ouvrent encore plus large la pratique du trike vers des espaces plus naturels, non ?

La seconde journée de ce week-end de trike: dès que j'ai du temps je vous rédige ça. Pour cette seconde journée, nous sommes partis à la mer ! Manger sur la plage par un superbe 1er novembre ensoleillé était un vrai délice.

Laurent Ness le 2/11/09

*NDT: Esplanter: surprendre intensément, laisser sur place.










 

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